Aménagement raisonnable : Quoi ?

Définis par le décret de 2017, l’aide à la mise en place et l’application d’aménagements raisonnables sont le cheval de bataille de notre Pôle.

Qu’est-ce qu’un aménagement raisonnable ?

Dans le strict cadre de la loi, pour un enseignant, il s’agit d’une obligation légale imposée par décret.

En effet, nous lisons à l’article 2 du décret Aménagements raisonnables :

Conformément à l’article 3, 9° du décret du 12 décembre 2008 relatif à la lutte contre certaines formes de discrimination, mesures appropriées, prises en fonction des besoins dans une situation concrète, afin de permettre à une personne présentant des besoins spécifiques d’accéder, de participer et de progresser dans son parcours scolaire, sauf si ces mesures imposent à l’égard de l’établissement qui doit les adopter une charge disproportionnée.

De manière plus parlante, selon Perrine Bigot1, orthopédagogue, un aménagement raisonnable est :

  • Au quotidien, une mesure concrète permettant de réduire, autant que possible, les effets négatifs d’un environnement sur la participation d’une personne à la vie en société. Mettre en place cet aménagement raisonnable pour une personne en situation de handicap est une obligation.

  • Sur le plan scolaire, cet aménagement est décidé en fonction des besoins de l’élève afin qu’il puisse accéder, participer et progresser sur un pied d’égalité avec les enfants ne présentant pas de troubles d’apprentissage. Il ne s’agit donc pas d’avantager les enfants en situation de troubles, mais de compenser les désavantages liés au trouble et à un environnement inadapté.

La bande dessinée Dysvisuel, dans nos ressources, illustre parfaitement le concept d’aménagement raisonnable.

Quels sont les types d’aménagements raisonnables ?

Il en existe quatre types que nous avons symbolisés par l’acronyme POMA : Pédagogique, Organisationnel, Matériel et Affectif :

 
Pédagogique Mise en place d’une méthode particulièrement adaptée au trouble de l’enfant, comme Borel-Maisonny, Alphas, Apili, orthographe illustrée…
 
Organisationnel Routine de travail, check-list…
 
Matériel Abaques adaptés, tablette, latte crocodile, chuchoteur…
 
Affectif * Possibilité d’accéder à un lieu refuge (TSA), carte-joker privilège…
 

* Le quatrième type d’aménagement raisonnable n’est pas prévu par les textes de loi, mais nous parait fondamental.

 

Critères et raisonnabilité

Les aménagements raisonnables sont définis par des critères et leurs caractères de raisonnabilité*.

 

CRITÈRES

 
Répondre aux besoins de l’élève Une tablette répond au besoin d’un dyslexique/dyspraxique, pas forcément d’un TDA.
 
Permettre à l’élève de participer aux mêmes activités que les autres L’utilisation d’une application de géométrie permet au dyspraxique de construire les figures en utilisant strictement la même méthodologie que la classe.
 
Permettre le travail en classe Pas de sortie obligatoire de l’enfant de la classe, comme devoir systématiquement aller au local informatique.
 
Permettre les déplacements éventuels de manière autonome Déménager une classe au rez-de-chaussée pour faciliter son accès, changer la disposition des bancs pour permettre le passage d’une chaise roulante.
 
Assurer la sécurité de l’élève Affectivement: rassurer un enfant anxieux pendant les évaluations, installer un coin cocoon personnalisé pour un élève anxieux ou autiste, accepter les rituels pour un élève autiste.
Physiquement : signalisation visuelle (malentendants) ou sonore (malvoyants).
 
Respecter la dignité de l’élève Un A.R. ne peut avoir aucun côté discriminant.
 

 

RAISONNABILITÉ

 
Le coût Un A.R. doit entrer dans le budget de la classe, de l’école.
 
L’impact sur l’organisation Un A.R. doit s’inscrire dans un mode de fonctionnement normal d’une classe.
 
L’impact de l’aménagement sur les autres élèves Un A.R. ne peut perturber les apprentissages du reste de la classe.
 
La fréquence et la durée Un A.R. est mis en place selon une fréquence/durée jugée pertinente en fonction du trouble.                                    
 
L’absence ou non d’alternatives Une alternative pertinente plus aisée à mettre en place est préférable à un A.R. proposé.

   

 

Dans notre pratique, nous remarquons que de nombreuses stratégies d’apprentissages qui permettent d’alléger les besoins spécifiques de certains jeunes sont bénéfiques à d’autres élèves. Cela peut donc potentiellement aider tous les élèves, qu’ils aient un diagnostic ou pas (= pédagogie universelle).


* Source : Décret Aménagements raisonnables de 2017, article 2.